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La sauvegarde de la chronologie Iranienne

March 28, 2009

Rezâ Moradi Ghiyassabadi
Traduction et adaptation par
Khadidjeh Naderi Beni
La Revue de Teheran

متن فارسی

Tout au long de leur histoire, les Iraniens ont accordé une grande importance aux phénomènes naturels pour l’élaboration de leur calendrier. De l’Antiquité à nos jours, de nombreux systèmes chronologiques ont été successivement mis en place. Le système chronologique actuel de l’Iran (qui est un calendrier solaire) peut être considéré comme l’un des calendriers le plus exact du monde en lien étroit avec les cycles de la nature. En approfondissant les divers calendriers persans, une divergence se fait jour concernant leur premier jour ainsi que le nombre de jours de chaque mois. A titre d’exemple, là où la chronologie solaire est considérée comme la mesure de base, le premier jour est différent pour chacun des calendriers : calendrier Kouhdashti : le 4 Farvardin (23 mars), calendrier Tabari : le 2 Mordâd (23 juillet), calendrier Deylami : le 17 Mordâd (7 août), calendrier saisonnier de Kâshân et Natanz [1] : le 1 Esfand (19 février), etc. Néanmoins, l’important est que le titre et l’ordre des jours et des mois soient plus ou moins similaires dans tous ces calendriers. En outre, dans le calendrier persan chaque jour a son nom, 1er jour du mois s’appelle Hormoz, le 2ème jour Bahman, le 3ème jour Ordibehesht [2], même s’ils ne sont plus utilisés de nos jours.

La chronologie persane a connu, de génération en génération, une évolution progressive, le calendrier actuel n’étant que la continuation des calendriers Jalâli, Shahriâri et zoroastrien, et il en constitue l’un des plus précis. Cependant, certains zoroastriens ont récemment élaboré un calendrier régional intitulé “L’annuaire religieux des zoroastriens”, qui constitue une innovation par rapport au calendrier national de l’Iran et comporte certains inconvénients. A ce titre, selon les textes anciens sur la chronologie persane, les dates des cérémonies annuelles ont, tout au long de l’histoire, correspondu à celles de la chronologie solaire et non pas au calendrier nouvellement élaboré par les zoroastriens. Par exemple, la fête de Sadeh [3] avait, conformément au calendrier solaire, lieu les 10 Bahman (Abân rouz az Bahman mâh), tandis que d’après ledit calendrier, cette date est par erreur enregistrée pour le 16 Bahman (Mehr rouz az Bahman mâh). En outre, la mise en place de calendriers régionaux pour désigner la date des cérémonies nationales contredit parfois le calendrier national et peut remettre en cause la cohésion nationale. D’autre part, comme nous l’avons déjà signalé, le calendrier actuel est, plus que d’autres chronologies, conforme au calendrier naturel. Par exemple, la nuit de Yaldâ (Shab-e Tchelleh), le 1er Dey (21 décembre), correspond exactement au changement du climat et à l’arrivée de l’hiver ; alors que certains autres calendriers en définissent la date le 24 Azar (14 décembre).

L’annuaire religieux des zoroastriens est une adaptation et une combinaison hétérogènes de plusieurs calendriers iraniens, dont Yazdgerdi, Avesta, Jalâli, Kurde… La forme présente de ce calendrier ne possède pas d’antécédent historique. Il est composé de douze mois de trente jours ainsi que de cinq jours supplémentaires ajoutés au mois d’Abân (novembre) ou parfois au mois d’Esfand (mars). Ce calendrier ne comporte donc pas la logique structurelle et naturelle du calendrier persan en vigueur. Il faut néanmoins souligner que le calendrier et les autres outils servant à mesurer le temps comme l’horloge ne sont qu’un accord de convention conclu au sein d’une communauté humaine afin de régir les relations sociales et permettre d’introduire un certain ordre dans une communauté humaine.

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[۱] Deux villes désertiques situées à Ispahan.

[۲] Le reste consiste en 4-Shahrivar, 5-Esfand, 6-Khordâd, 7-Mordâd, 8-Dey be Azar, 9-Azar, 10-Abân, 11-Khorshid, 12-Mâh, 13-Tir, 14-Goush, 15-Dey be Mehr, 16-Mehr, 17-Soroush, 18-Rashan, 19-Farvardin, 20-Bahrâm, 21-Râm, 22-Bâd, 23- Dey be Dey, 24-Dey, 25-Ord, 26-Oshtâd, 27-Asemân, 28-Zamyât, 29-Mehrespand, 30-Amizân. Les douze jours dont les titres correspondaient à ceux des mois, constituaient les fêtes des douze (Djashnhâ-ye davâzdah Gâneh) ; celles-ci plus les fêtes de Hormoz (le 1er jour du mois) constituaient ensemble les vingt-quatre fêtes de l’année (Akrami, Moussâ, La Chronologie persane, Téhéran, Bureau des recherches culturelles, 1380/2001, p.85).

[۳] “Sadeh” signifie “siècle”, ancienne fête célébrée le 10 Bahman (29 janvier), 50 jour avant Norouz (nouvel an iranien). (Moallem, Mortezâ, Nouveau dictionnaire persan-français, Téhéran, Amir-Kabir, 1378/1999, T.1, p.1135).



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